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Chloé (La Serre)

Chloé nous parle du projet SINGA. Les activités que propose l’ASBL permettent de créer du lien social entre bruxellois·e·s et primo-arrivant·e·s. Un projet né sous les toits de la Serre !

Peux-tu te présenter ? C'est quoi ton activité ici ?

Je m’appelle Chloé, j’ai 31 ans, j’ai développé il y a trois ans et demie le projet SINGA avec ma collègue Cerise. Singa ça veut dire « le lien » en lingala puisque l’objectif c’est de créer des espaces de rencontres, créer du lien entre des nouveaux arrivant·e·s et des bruxellois·e·s, pour favoriser leur inclusion à Bruxelles, permettre une déconstruction des préjugés et un changement de vision de l’asile en Belgique. Et tout simplement aussi pour permettre à des gens qui n’ont pas l’habitude de se rencontrer de pouvoir le faire. Ici on est à La Serre, c’est un écosystème un peu fou où tu peux à la fois manger, rencontrer un artiste, faire réparer ton vélo… Je vois ça vraiment comme un lieu de rencontres multidisciplinaire, accessible à toustes et qui porte des valeurs dans lesquelles on se retrouve.


Qu'est ce que tu préfères dans ton activité ?

En temps normal, on organise plein d’activités socio-culturelles et sportives dans Bruxelles. Celles qu’on propose à la Serre ce sont les Bazars, c’est un peu l’activité phare, le QG de la communauté SINGA. Faut voir ça un peu comme un bar au sein duquel les gens peuvent se retrouver et faire ce qu’ils ont envie. Ils peuvent à la fois taper la carte, boire un verre, papoter, jouer au ping-pong. Ce que je préfère dans cette activité c’est le fait d’avoir crée un cadre informel où chacun·e peut retrouver quelque chose qu’iel est venu chercher, ou pas. Avant 2020 ça rassemblait près de 70 personnes tous les lundis, c’était assez impressionnant !


Comment vous avez adapté vos activités avec le contexte sanitaire qu'on connaît ?

D’abord on a proposé des Bazars en ligne, les gens pouvaient discuter et faire des jeux par écrans interposés. Ça n’a pas remporté un grand succès car la problématique de la fracture numérique s’est imposée à nous : de 70 personnes on s’est retrouvés à 15. Lorsque les mesures se sont assouplies, on a proposé des activités en plein air, un Bazar dans des parcs. En ce moment on organise des balades dans des quartiers de Bruxelles trois fois par semaine.

C'est quoi votre impact à l'échelle locale ?

Les Bazars permettent à des centaines de personnes de pouvoir se rencontrer, environ 200 par semaine, 100 nouveaux arrivant·e·s et 100 bruxellois·e·s. Concrètement, on voit une amélioration dans l’apprentissage de la langue, c’est un des effets les plus perceptibles. Un autre effet qu’on n’avait pas forcément anticipé c’est qu’en créant un espace bienveillant au sein duquel les gens se sentent écouté·e·s et pas jugé·e·s, ça leur permet d’avoir confiance en elleux et de les remettre en action par la suite. Iels ont plus de facilité par la suite à entamer des démarches administratives par exemple parce qu’iels ont été en contact avec des bruxellois·e·s, ou des personnes qui viennent d’arriver mais qui savent un peu mieux s’orienter dans la ville. De l’autre côté, il y a beaucoup de bruxellois·e·s qui se sentent terriblement seul·e·s. Créer ces espaces informels permet de les sortir de cette solitude. Enfin, sur du plus long terme, on a aussi la sensation qu’être en contact avec des gens qui ont une culture différente, ça ouvre tout doucement l’esprit des bruxellois·e·s.


Qu'est ce que tu as trouvé ici ?

La Serre c’est un lieu particulier, c’est ce lieu qui a accueilli le lancement de SINGA en septembre 2017. C’était une journée incroyable avec beaucoup de monde, plein d’activités différentes, un spectacle de danse du ventre, des concerts le soir… On a tout de suite senti que c’était un endroit vivant, avec plein de potentiel. On propose des activités dans plusieurs lieux mais il n’y a qu’à la Serre qu’on se sent un peu comme à la maison.

 

 

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Ce serait quoi ton rêve pour ce lieu ?
Que la convention ne se termine jamais ! Que le futur propriétaire se rende compte du potentiel de ce lieu et de toutes les opportunités qu’il a pu créer. On ne dira jamais assez à quel point c’est important en tant que porteur de projet d’avoir un chouette cadre pour développer son activité.

Ca signifie quoi pour toi faire commun ?
C’est un mode de fonctionnement qui est tout à fait nouveau pour nous. En général ailleurs, on signe une convention, on paye une contrib ou pas, et tout ce qu’on a à faire finalement c’est remplir nos obligations. Ici on est fort impliqué·e·s, on a pu contribuer à la sélection des autres projets qui allaient être hébergés dans le lieu par exemple. Ce modèle de gouvernance partagée a eu pas mal d’impact sur SINGA, ça a amené chez nous une vraie réflexion sur nos manières de prendre des décisions, une volonté de mettre des choses en commun.

Avec une baguette magique, tu changerais quoi à Bruxelles ?

Je ferais en sorte qu’on investisse tous les espaces inoccupés pour en faire des lieux inclusifs. Ouvrir des lieux comme la Serre c’est permettre à toute personne qui a une idée de la tester, la concrétiser ou peut-être de l’abandonner. C’est super important si on veut permettre un changement de société.


C'est quoi ton jeu préféré ?

Le UNO ! C’est celui qui a le plus de succès, c’est facile et il se joue dans toutes les langues. En fait, je sais pas si c’est mon jeu préféré parce que j’ai plaisir à voir les gens s’éclater avec ou parce que simplement j’aime bien y jouer !

Mars 2021
Photo : Benoît Barbarossa
Pour suivre les activités de la SINGA, c’est par ici

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